Comment choisir son premier tatouage (sans le rater)

Tatoueur portant des gants réalisant un tatouage floral sur l'épaule d'une cliente

Choisir son premier tatouage, c’est répondre à quatre questions dans le bon ordre : quel tatoueur, quel motif, quel emplacement, quel budget. Oui, le tatoueur passe avant le motif. Le meilleur dessin du monde, mal tatoué, reste un mauvais tatouage. Et le prénom de votre ex, même parfaitement tatoué, reste le prénom de votre ex.

Nous le savons d’autant mieux que chez Tat’s It, nous avons raté notre premier tatouage. Tous les trois. Voici comment, et surtout comment éviter de faire pareil.

Pourquoi nous avons tous les trois raté notre premier tatouage

Entre 2021 et 2022, chacun de nous a fait son premier tatouage de son côté, avec une méthode différente. Trois méthodes que beaucoup de gens considèrent comme sûres.

  • Quentin a fait confiance à Instagram. Il a choisi un tatoueur avec beaucoup d’abonnés, qui avait tatoué des célébrités. Il pensait que c’était une garantie.
  • Hippolyte a fait confiance à la proximité. Il est entré dans le premier salon qu’il a trouvé dans sa ville.
  • Léo a fait confiance au système D. Il s’est fait tatouer à domicile, par quelqu’un qui venait d’acheter une machine à tatouer.

Résultat, pour les trois : tatouage raté, mauvaise cicatrisation, mauvaise expérience, et retouche chez un autre tatoueur pour une centaine d’euros chacun. Un score parfait, dans la mauvaise catégorie.

Ce que nous en avons retenu tient en une phrase : ni le nombre d’abonnés, ni la proximité, ni le prix ne disent si un tatoueur est qualifié. Ce qui compte, c’est sa formation, son respect des règles d’hygiène et un portfolio cohérent avec ce que vous voulez. C’est de là qu’est né Tat’s It, et c’est le fil de tout ce guide.

Comment trouver le bon tatoueur pour un premier tatouage ?

C’est l’étape qui change tout, alors commençons par elle.

Vérifier qu’il travaille dans les règles

En France, un tatoueur n’est pas simplement quelqu’un qui possède une machine. D’après Service Public, il doit :

  • avoir suivi une formation aux conditions d’hygiène et de salubrité, avec une partie pratique ;
  • avoir déclaré son activité auprès de l’Agence Régionale de Santé ;
  • vous informer avant la séance des risques et des précautions à prendre, par écrit, avec une information également affichée dans le local ;
  • travailler dans une salle dédiée, nettoyée chaque jour, avec des surfaces désinfectées entre chaque client ;
  • porter des gants à usage unique, changés entre deux clients et au minimum toutes les deux heures ;
  • respecter un protocole de stérilisation du matériel.

Tout ça se vérifie en deux minutes : un certificat de formation au mur, une salle propre, des gants neufs, une feuille de soins qu’on vous remet sans que vous ayez à la réclamer. Si vous devez insister pour obtenir une réponse, vous avez déjà votre réponse.

C’est exactement ce qui manquait au tatouage de Léo, fait sur une table de salon. Un scratcher (quelqu’un qui tatoue sans apprentissage ni formation) peut avoir un joli compte Instagram. Il ne peut pas avoir de certificat.

Lire un portfolio comme un pro

Un bon portfolio, ou book, montre des tatouages cicatrisés, pas seulement des photos prises à la sortie de la séance sous une lumière flatteuse. Un tatouage frais est toujours beau : l’encre est brillante, les contours sont nets, la peau est légèrement gonflée. C’est quelques semaines plus tard qu’on voit si les traits restent fins et si les aplats tiennent.

Regardez aussi la cohérence du style. Un excellent tatoueur de réalisme n’est pas forcément le bon choix pour un fineline minimaliste, et inversement. Pour un premier tatouage, cherchez quelqu’un dont le portfolio contient déjà plusieurs pièces proches de votre idée.

Poser toutes les questions

Pendant la consultation, rien n’est une question bête. Depuis quand pratiquez-vous ce style ? Combien de séances faudra-t-il ? Quel est le prix final ? Que se passe-t-il si une retouche est nécessaire ? Un bon tatoueur répond clairement et prend le temps. Des réponses floues ou qui changent d’un message à l’autre sont un signal. Notre article sur les signaux d’alerte avant de choisir un tatoueur les détaille un par un.

Quel motif choisir pour un premier tatouage ?

Celui que vous aurez encore envie de voir dans vingt ans, ce qui élimine d’emblée pas mal de blagues de fin de soirée.

Avant de contacter un tatoueur, essayez de répondre à quatre questions : quel motif exactement, à quelle taille, sur quelle zone, et pourquoi il compte pour vous. Pas besoin d’avoir un dessin fini. Un bon tatoueur dessine, c’est même son métier : apportez-lui une idée et des références, pas un plan d’architecte.

Le coup de cœur vu sur les réseaux

Craquer pour un tatouage vu sur Instagram ou Pinterest, c’est la façon la plus courante de découvrir un style. Le piège, c’est de vouloir le même. Le tatouage d’une autre personne a été dessiné pour sa peau, sa morphologie, son histoire. Le recopier tel quel pose un problème de respect du travail de l’artiste qui l’a créé, et donne rarement un bon résultat sur un autre corps. Montrez-le plutôt comme une inspiration, et laissez le tatoueur en tirer quelque chose d’unique.

Même logique pour les images générées par IA : elles peuvent aider à exprimer une ambiance, mais elles contiennent souvent des détails impossibles à tatouer ou qui ne vieilliront pas bien. Le tatoueur saura faire le tri.

Penser au vieillissement du motif

Un tatouage vit avec votre peau. Les traits très fins et très serrés ont tendance à s’épaissir avec les années, les tout petits détails peuvent se fondre, et un motif minuscule très chargé devient vite illisible. Un bon tatoueur vous dira franchement si votre idée doit être agrandie, simplifiée ou déplacée pour bien vieillir. Écoutez-le : il a vu des tatouages de dix ans, pas vous.

Tester avant de se lancer

Si vous hésitez sur la taille ou l’emplacement, un tatouage éphémère permet de vivre quelques jours avec le motif avant de vous engager. Nous expliquons comment faire dans notre guide pour tester un tatouage éphémère avant de se faire tatouer.

Quel style choisir pour débuter ?

Certains styles se prêtent mieux à une première expérience : séances plus courtes, budget plus léger, moins de risque de surprise.

StylePourquoi c’est un bon débutÀ savoir
Minimaliste, finelineRapide, discret, se place partoutLes traits très fins demandent un tatoueur spécialisé
Lettrage courtSobre, facile à positionnerVérifiez l’orthographe. Deux fois.
Floral finIntemporel, se décline en petite tailleL’un des styles les plus demandés
Dotwork légerEffet délicat, construit par pointsSéance parfois plus longue qu’on ne croit

Le réalisme, le blackwork, le japonais ou les grandes pièces en couleur demandent plus de temps, plus de séances et plus de budget. Rien n’empêche d’en rêver, mais ce n’est pas le point de départ le plus simple. Pour faire le tour des possibilités, notre guide des styles de tatouage en présente douze.

Quant au caractère chinois dont vous n’avez jamais vérifié la traduction, ce n’est pas un style. C’est un pari.

Où placer son premier tatouage ?

Sur une zone confortable et facile à couvrir si besoin. L’avant-bras extérieur, le mollet, l’épaule, le haut du bras et la cuisse sont les emplacements les mieux tolérés : il y a de la chair et du muscle avant l’os, et la sensation y est plus supportable.

Les côtes, le sternum, les mains, les pieds, la colonne ou l’intérieur du poignet sont plus sensibles. Rien n’empêche de s’y faire tatouer un jour, une fois qu’on connaît sa propre tolérance, mais ce ne sont pas les meilleurs candidats pour une première fois. Notre cartographie de la douleur explique pourquoi, zone par zone, et notre guide du tatouage par zone du corps aide à choisir selon le rendu voulu.

Pensez aussi à votre quotidien. Un premier tatouage sur une zone que vous pouvez montrer ou cacher selon les situations vous laisse le temps de vivre avec, et de voir comment vous vous sentez avec votre nouvelle peau.

Combien coûte un premier tatouage ?

Le prix dépend de la taille, du niveau de détail, du temps passé et de l’expérience du tatoueur. La plupart des salons appliquent un minimum forfaitaire pour les petits motifs, quel que soit le temps réellement passé, puis un tarif à l’heure ou à la pièce pour les projets plus grands. Un acompte est presque toujours demandé pour bloquer le créneau. Il est en général déduit du prix final, et souvent perdu en cas d’annulation tardive.

Deux conseils pour ne pas vous tromper :

  • demandez un devis clair avant la séance, avec le prix final et ce qu’il inclut (dessin, séances, retouche éventuelle) ;
  • méfiez-vous des prix anormalement bas. Un tatouage bradé cache souvent l’absence de formation, de matériel stérile ou de déclaration. Léo en a fait l’expérience, et sa retouche a coûté plus cher que ce qu’il pensait avoir économisé.

Pour les fourchettes de prix et tout ce qui fait varier un devis, voyez notre guide du prix d’un tatouage en France.

Comment se préparer le jour de la séance ?

Quelques réflexes simples rendent la séance bien plus confortable :

  • mangez normalement avant de venir. Le malaise du ventre vide est un grand classique, et il n’a rien d’héroïque ;
  • dormez correctement la veille et évitez l’alcool, que l’Assurance Maladie range parmi ce qui ralentit la cicatrisation ;
  • signalez tout traitement en cours : le tatoueur doit rechercher les éventuelles contre-indications ;
  • portez des vêtements amples qui dégagent facilement la zone ;
  • apportez vos références, même si vous les avez déjà envoyées. C’est le dernier moment pour ajuster la taille ou le placement, avant que le stencil (le calque du dessin) soit posé sur la peau.

Si le stencil ne vous convient pas, dites-le. Le tatoueur préfère le repositionner trois fois que vous voir regretter pendant soixante ans.

Après la séance : les bons réflexes

Suivez les consignes de soins de votre tatoueur à la lettre : il doit vous les remettre par écrit. Mains lavées avant chaque soin, douche avec un savon doux, séchage en tamponnant, pas de bain pendant le premier mois, pas de piscine ni de soleil avant la fin de la cicatrisation. Selon l’Assurance Maladie, elle prend trois à quatre semaines. Notre guide de la cicatrisation semaine par semaine détaille chaque étape et les signes qui doivent vous faire consulter.

Pour aller plus loin


Nous avons fait toutes les erreurs de ce guide avant de l’écrire. Vous n’êtes pas obligé de nous imiter. Pour trouver un tatoueur certifié près de chez vous, consulter son portfolio et lui écrire avant de réserver, téléchargez Tat’s It, l’application 100 % gratuite : les liens sont juste en dessous.

Une idée, un tattoo, Tat’s It.

Questions fréquentes

Un premier tatouage fait-il vraiment mal ?

Oui, un peu, et le tatoueur est d'ailleurs tenu de vous prévenir du caractère éventuellement douloureux du geste avant de commencer. La bonne nouvelle, c'est que pour la plupart des gens, la sensation ressemble davantage à une égratignure vive et répétée qu'à une vraie douleur aiguë. Son intensité dépend surtout de trois choses. D'abord la zone : les endroits charnus comme l'avant-bras, le mollet ou l'épaule sont bien mieux tolérés que les côtes, les pieds ou le sternum. Ensuite la durée : une petite pièce d'une heure n'a rien à voir avec une séance de cinq heures. Enfin votre état du jour : fatigue, faim et stress rendent tout plus pénible. Pour un premier tatouage, choisir une zone confortable et un motif de taille raisonnable suffit à rendre l'expérience largement supportable. Beaucoup de personnes ressortent même surprises que ce soit passé aussi vite, et un peu vexées d'avoir autant stressé la veille.

Peut-on se faire tatouer quand on est mineur ?

Oui, mais pas seul. En France, la loi ne fixe pas d'âge minimum : Service Public indique qu'il est possible de se faire tatouer à tout âge. En revanche, un mineur doit avoir l'accord écrit d'un parent ou de son tuteur, qui reçoit lui aussi, avant de signer, l'information sur les risques du tatouage. Le tatoueur doit conserver la preuve de ce consentement pendant trois ans, pour pouvoir la présenter en cas de contrôle. Dans les faits, beaucoup de tatoueurs refusent tout de même de tatouer des mineurs, même avec l'autorisation parentale, ou le réservent à des cas très particuliers. Ce n'est pas de la mauvaise volonté : c'est une décision définitive sur un corps qui change encore, et la plupart des professionnels préfèrent vous revoir dans quelques années. Si vous avez 16 ans et un projet précis, gardez-le au chaud, affinez-le, et revenez avec : il n'en sera que meilleur.

Combien de temps faut-il pour qu'un premier tatouage cicatrise ?

Selon l'Assurance Maladie, la cicatrisation d'un tatouage prend trois à quatre semaines. Pendant cette période, le motif passe par plusieurs étapes qui peuvent surprendre la première fois : il suinte légèrement les premiers jours, forme de fines croûtes, pèle et démange en deuxième semaine, puis paraît terne et voilé avant de retrouver son contraste. Tout cela est normal. En profondeur, la peau continue de se reconstruire pendant plusieurs mois, donc un tatouage qui a l'air guéri n'est pas encore un tatouage qu'on peut exposer au soleil sans protection ou frotter sans précaution. Les délais varient selon la zone : un motif sur la main ou le pied, qui bouge et frotte en permanence, met plus de temps qu'un motif sur l'avant-bras. Pour savoir exactement à quoi vous attendre, jour après jour, et reconnaître les rares signes qui doivent vous faire consulter, notre guide de la cicatrisation détaille chaque étape avec les recommandations officielles.

Peut-on agrandir ou compléter son premier tatouage plus tard ?

Oui, et c'est même l'histoire de beaucoup de tatouages. Une petite pièce sur l'avant-bras devient un jour une manchette, un motif isolé finit intégré dans une composition plus large. Le secret, c'est d'y penser dès le début, même si le reste n'arrivera que dans cinq ans. Dites-le simplement à votre tatoueur au moment de la conception : il placera le premier motif de façon à laisser de la place autour, choisira une échelle cohérente et évitera de le coincer au milieu d'une zone qu'il faudra ensuite contourner. Sans cette anticipation, on se retrouve souvent avec un petit tatouage perdu au centre de l'épaule, qui complique tout projet plus ambitieux. Si vous changez de tatoueur entre-temps, ce n'est pas un problème : un professionnel sait travailler autour d'une pièce existante. Mais un premier tatouage pensé pour grandir laisse toujours plus de liberté pour la suite qu'un motif posé sans plan.

Faut-il reporter son rendez-vous si l'on est malade ou épuisé ?

Oui, autant que possible. Une séance de tatouage demande de l'énergie au corps, et un organisme déjà occupé à combattre un rhume, une fièvre ou une grosse nuit blanche supporte moins bien la douleur et cicatrise moins facilement ensuite. Service Public rappelle d'ailleurs que le tatoueur doit rechercher d'éventuelles contre-indications liées à votre état ou à vos traitements en cours : si vous prenez un médicament, dites-le lui avant la séance. Côté organisation, prévenez le plus tôt possible. La plupart des tatoueurs préfèrent largement décaler une séance que tatouer quelqu'un qui tient à peine debout, et beaucoup acceptent de reporter l'acompte sur la nouvelle date si vous les prévenez correctement. Ce qui pose problème, c'est le message envoyé une heure avant, ou pas de message du tout. Un tatoueur indépendant qui perd un créneau perd une demi-journée de travail, et ça, il s'en souvient.

Que faire si le résultat ne correspond pas à ce que j'avais imaginé ?

D'abord, attendre la fin de la cicatrisation avant de juger. Un tatouage frais est rouge, gonflé, puis couvert de croûtes et enfin voilé pendant quelques semaines : ce que vous voyez dans le miroir le premier mois n'est pas le résultat final. Ensuite, parlez-en calmement au tatoueur qui l'a réalisé. Un trait irrégulier ou une zone plus claire se corrige souvent par une retouche courte, et certains tatoueurs l'incluent dans leur prix si elle est faite dans un certain délai. Si le désaccord est plus profond, sur le dessin, la taille ou le placement, un autre tatoueur pourra vous proposer une reprise ou un cover, c'est-à-dire un nouveau motif qui recouvre l'ancien. Nous en savons quelque chose : nos trois premiers tatouages sont passés par la case retouche, pour une centaine d'euros à chaque fois. Le meilleur moyen de ne pas en arriver là reste de bien choisir son tatoueur dès le départ.

Peut-on se faire tatouer avec un coup de soleil ou une peau irritée ?

Non. Une peau brûlée par le soleil, irritée, égratignée ou en pleine poussée d'eczéma est déjà en train de se réparer. Lui demander d'encaisser un tatouage en plus, c'est lui compliquer la tâche : l'encre tient moins bien, la cicatrisation est plus longue et le risque d'irritation augmente. La plupart des tatoueurs refusent d'ailleurs de travailler sur une peau abîmée et vous proposeront de décaler la séance de quelques semaines. Ce n'est pas un caprice, c'est le signe d'un professionnel qui pense au résultat final plutôt qu'au créneau rempli. Si vous avez rendez-vous en septembre, pensez-y dès l'été : un coup de soleil sur la zone prévue la semaine précédente suffit à tout reporter. Et si vous avez une maladie de peau comme le psoriasis, parlez-en à votre médecin avant : l'Assurance Maladie indique que certaines maladies de peau peuvent se réactiver sur un tatouage.