Pour exercer légalement comme tatoueur en France, tu dois suivre une formation hygiène et salubrité d’au moins 21 heures, obtenir la certification délivrée par l’ARS, puis déclarer ton activité à l’Agence régionale de santé de ton lieu d’exercice avant de commencer. Cette certification se renouvelle tous les cinq ans. Et ce que tout le monde appelle “l’agrément ARS” est en réalité une déclaration.
La paperasse, c’est un peu comme le stencil : personne ne la trouve passionnante, mais si elle est mal faite, tout le reste en pâtit.
Agrément ou déclaration : de quoi parle-t-on vraiment ?
Dans le milieu, on dit “agrément ARS”. Juridiquement, il s’agit d’une déclaration d’activité. Tu ne demandes pas une autorisation : tu déclares ton activité auprès du directeur général de l’ARS compétente pour ton lieu d’exercice, avant de démarrer, avec les pièces demandées. Si ton dossier est complet, l’ARS te délivre un récépissé de déclaration complète.
La nuance compte : c’est à toi de faire la démarche, pour chaque lieu, et de la tenir à jour. Personne ne viendra te le rappeler.
Le cadre général est posé par le Code de la santé publique, aux articles R1311-1 et suivants, et par le décret du 19 février 2008 sur les conditions d’hygiène et de salubrité.
Quelle formation hygiène faut-il suivre ?
Depuis l’arrêté du 5 mars 2024, la formation a changé de visage. D’après l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes :
| Élément | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Durée | 21 heures minimum, sur au moins trois jours |
| Pratique | Dont sept heures de formation pratique |
| Contenu | Neuf unités, un référentiel de compétences et une évaluation |
| Organisme | Uniquement un organisme habilité par l’ARS |
| Délivrance | Certification délivrée par l’ARS elle-même |
| Validité | Cinq ans |
| Renouvellement | Mise à jour d’au moins sept heures en continu, tous les cinq ans |
Le grand changement : ce ne sont plus les centres de formation qui délivrent les attestations, c’est l’ARS qui certifie. Et cette certification n’est plus à vie. Mets une alarme dans ton agenda pour dans cinq ans, tu nous remercieras.
Même si tu as appris ton métier auprès d’un tatoueur expérimenté pendant des années, cette formation reste obligatoire. L’apprentissage t’a appris à tatouer. La certification prouve que tu le fais dans les règles d’hygiène.
Tu as une ancienne attestation ? Attention aux échéances
C’est le point que beaucoup de tatoueurs installés n’ont pas encore vu passer. Si tu possèdes une attestation délivrée selon l’ancien arrêté du 12 décembre 2008, tu peux obtenir une équivalence de certification, mais seulement si tu valides l’évaluation prévue par l’arrêté de 2024. Selon l’ARS Pays de la Loire :
- attestation délivrée avant le 31 décembre 2022 : évaluation à passer au plus tard le 13 mars 2027 ;
- attestation délivrée à partir du 1er janvier 2023 : évaluation dans les cinq ans, et au plus tard le 31 décembre 2028.
En cas d’échec à l’évaluation, l’ARS conseille de t’inscrire rapidement à la formation complète, pour avoir ta certification avant ces dates. Si ton attestation est au mur depuis des années, va vérifier sa date aujourd’hui. Mars 2027 arrive plus vite qu’une liste d’attente ne se vide.
Comment déclarer ton activité à l’ARS ?
Les pièces du dossier
D’après l’ARS Pays de la Loire, le dossier comprend :
- ton nom et ton prénom ;
- l’adresse du ou des lieux où tu exerces ;
- la nature des techniques pratiquées (tatouage, maquillage permanent, perçage) ;
- ton attestation de formation, ta certification, ou le justificatif de dispense.
Certaines ARS demandent aussi une preuve d’immatriculation de ton activité. C’est une déclaration individuelle : chaque tatoueur fait la sienne, même dans un salon partagé. Pour la partie statut et immatriculation, notre guide du statut auto-entrepreneur pour tatoueur détaille les démarches.
Où et comment
La déclaration se fait en ligne, via la plateforme Démarches simplifiées, dans la plupart des régions. Le lien exact se trouve sur la page de l’ARS de ton lieu d’exercice, accessible depuis le portail des ARS. Les détails peuvent varier légèrement d’une région à l’autre : vérifie toujours la page de ta région avant de te lancer.
Garde précieusement le récépissé, en version numérique et imprimée. C’est ta preuve de conformité, et un argument à montrer.
Changement de salon, plusieurs lieux, arrêt : les cas qu’on oublie
La déclaration est liée à un local, pas à ta personne. Concrètement :
- tu déménages ou tu changes de salon : nouvelle déclaration ;
- tu travailles sur plusieurs sites : autant de déclarations que de sites ;
- tu arrêtes d’exercer dans un lieu : la cessation se déclare aussi, au moins quinze jours avant selon l’ARS Pays de la Loire.
C’est typiquement la démarche qu’on oublie entre les cartons, les travaux et les clients à prévenir. Mets-la dans ton rétroplanning d’ouverture, au même niveau que le bail et l’assurance.
Conventions et activités ponctuelles
Pour une activité dans des locaux provisoires, cinq jours ouvrés par an maximum dans un même lieu, comme une convention ou un salon, le régime est un peu différent. Selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, c’est alors l’exploitant des lieux ou l’organisateur de la manifestation qui déclare. Les obligations de formation restent les mêmes : ta certification te suit partout.
Pour un guest plus long dans un autre salon, renseigne-toi auprès de l’ARS de la région concernée.
Au quotidien : ce que la règle t’impose
Être déclaré ne suffit pas, il faut aussi appliquer les règles chaque jour. D’après Service Public, tu dois notamment :
- tatouer exclusivement dans une salle dédiée, décontaminée chaque jour, avec des surfaces désinfectées entre chaque client ;
- retirer tes bijoux avant de te désinfecter les mains et porter des gants à usage unique, changés entre deux clients et au minimum toutes les deux heures ;
- préparer la zone avec un antiseptique et respecter un protocole de stérilisation ;
- informer ton client par écrit des risques et des soins, et afficher cette information dans ton local ;
- pour un mineur, obtenir l’accord écrit d’un parent ou tuteur, et en conserver la preuve trois ans.
Tu connais tout ça par cœur. Mais le jour d’un contrôle, c’est ce que tu fais au quotidien qui compte, pas ce qui est écrit dans ton dossier. Et tes clients, eux, le voient à chaque séance : un poste propre et des gants neufs rassurent plus que n’importe quel discours.
Ton rétroplanning pour te mettre en règle
Si tu démarres, voici l’ordre logique des étapes, pour ne rien oublier et ne pas te retrouver bloqué la veille de ton ouverture :
- Trouve un organisme habilité dans la liste publiée par l’ARS de ta région, et réserve ta session de formation. Les places sont parfois limitées.
- Suis la formation (21 heures minimum, dont sept de pratique) et valide l’évaluation.
- Récupère ta certification, délivrée par l’ARS, et note sa date d’expiration, cinq ans plus tard.
- Immatricule ton activité, selon le statut choisi.
- Prépare ton lieu d’exercice : salle dédiée, surfaces lavables, circuit de stérilisation, gestion des déchets.
- Déclare ton activité en ligne, pour ce lieu précis, avant ton premier client.
- Conserve ton récépissé et affiche l’information client dans ton local.
Si tu es déjà installé, ta checklist est plus courte : vérifie la date de ton attestation, programme ton évaluation ou ta formation avant les échéances de 2027 ou 2028, et assure-toi que chacun de tes lieux d’exercice est bien déclaré.
À quoi t’attendre en cas de contrôle ?
Un contrôle vérifie que ta pratique quotidienne correspond à ce que la réglementation impose et à ce que tu as déclaré. Il porte en général sur la stérilisation du matériel, l’usage de matériel à usage unique, la propreté et l’organisation de la salle, l’information remise aux clients et la gestion des déchets piquants et souillés, qui ne vont pas à la poubelle classique.
Le contrôle n’a rien d’un piège. Si tu appliques chaque jour ce que tu as appris en formation, tu n’as rien à craindre. Le vrai risque, c’est de relâcher tes habitudes avec le temps, quand la formation est loin et que le rythme s’accélère. C’est aussi à ça que sert le renouvellement tous les cinq ans.
Ta conformité, c’est ton meilleur argument
Être en règle n’est pas qu’une obligation. C’est ce qui te distingue d’un scratcher, et de plus en plus de clients le savent. Certaines ARS publient même, avec l’accord des professionnels, la liste des tatoueurs ayant déclaré leur activité et fourni leur attestation. Tes clients peuvent vérifier, et c’est une bonne nouvelle pour toi.
Chez Tat’s It, c’est notre ligne rouge : un tatoueur sans certification hygiène n’a pas sa place sur l’application. À l’inverse, un tatoueur en règle mérite d’être mis en avant, et c’est exactement ce que fait Tat’s It Pro.
Pour aller plus loin
Tu as fait ta formation, ta certification et ta déclaration : il est temps que ça se voie. Avec Tat’s It Pro, tu mets en avant ta certification et ton portfolio sur un profil visible par les clients qui cherchent un vrai tatoueur près de chez eux, et tu gères tes rendez-vous sans commission.
Une idée, un tattoo, Tat’s It.